Ophélie Rouault, atelier Bag'Heera

Créateur de talents du CAP au BAC+2

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Gemmologie

Ophélie Rouault, atelier Bag'Heera

Ophélie Rouault, atelier Bag'Heera

4 déc. 2017

Etre « back Packer » et préférer le « woofing », une expérience de plus avant l’installation en chambre !

Bag'Heera 
Atelier de Bijouterie Artisanale-Créations & Réparations-*Ophélie Rouault*

 

Etre « back Packer » et préférer le « woofing », une expérience de plus avant l’installation en chambre !

 

Ophélie a terminé son parcours de formation en bijouterie en 2015. Après un CAP Art et techniques de la bijouterie joaillerie en formation continue, suivi d’une Mention Complémentaire Joaillerie, puis un  CAP Sertissage en 2 ans, elle a terminé par  un diplôme en Gemmologie. Elle a passé 7 ans avec Fabrice VOIX, son Maitre d’Apprentissage à Luçon.

Aujourd’hui, toujours à Luçon, Ophélie s’est installée! En chambre. Elle a trouvé et aménagé une chambre d’étudiante de 10m². « C’est petit mais fonctionnel et de toute manière, je n’avais pas les moyens d’avoir un local et une vitrine. Et puis s’installer n’est pas une mince affaire, trouver les infos n’est pas chose simple, se faire immatriculer, les assurances (il lui a fallu 3 mois ½ pour trouver un assureur !), le coffre-fort, les registres de police, l’équipement, ….. , les réponses, il faut aller les chercher. C’est comme tout » me dit-elle, « il faut y croire, avoir la volonté de faire ce qu’on aime, ça fini par payer ! Il faut de la constance ! ».

S’installer à son compte, l’enjeu est de taille, c’est pourquoi les relations tissées lors de sa formation et les liens serrés qui se sont construits se révèlent être de précieux soutiens. Heureusement, les contacts conservés avec quelques « anciens » de l’IBS, aujourd’hui installés, ont été riches de conseils. « C’est presque essentiel » me dit-elle. En effet créer un « réseau d’anciens » est important pour accompagner ceux qui comme Ophélie décide de créer leur petite entreprise.

Outre les conseils de ses amis, c’est aussi son Maitre d’Apprentissage qui l’a encouragée à ouvrir son atelier, et qui continue à la soutenir. Fabrice VOIX, avec qui elle reste toujours en contact, lui prodigue ses conseils éclairés, l’assure de son aide tant administratif que professionnel et lui propose même de la sous-traitance.

Ses parents, participent eux aussi au projet. Comme elle dit : « mes parents m’ont re-accueilli chez eux pour me permettre de m’installer ». Un bonus qui n’est pas des moindres !

Des soutiens indéfectibles, constituent le ciment d’une belle aventure dont la genèse trouve certes ses origines dans le goût d’apprendre, de se former et d’entreprendre, mais aussi et sûrement dans le goût des voyages !

 

Eloise

A l’issue de sa formation, Fabrice VOIX lui a proposé un poste à plein temps dans l’entreprise. Les diplômes obtenus, un contrat de travail, le monde du travail ! Belle nouvelle après un si beau parcours de formation professionnelle ! … Sauf que … l’envie d’une pause, l’envie de voir du pays, un rêve aussi,… En fait, il manquait un « petit quelque-chose » à la formation pour qu’elle soit complète! À cette belle évolution, il manquait une pierre, plus « personnelle », le besoin de se mettre au défi. Alors l’idée de faire un break a muri, le besoin d’une pause pour réfléchir à la suite s’est imposé et puis me dit-elle : « Il y a des choses qu’il faut vivre ! ».

Faire ses valises ? « Quand on passe 7 années en apprentissage et que l’on vient régulièrement sur Saumur, faire et défaire une valise devient une routine ! » me dit-elle avec une pointe d’humour. « Saumur apportait une bouffée d’air au quotidien Luçonnais. Le goût de l’ailleurs était en moi depuis longtemps, les diplômes obtenus et 7 années passées en apprentissage je me suis dit, à 27 ans, c’est maintenant ou jamais, alors j’ai obtenu un PVT et je suis partie en Nouvelle Zélande. Mon rêve !»

Un quoi ? Un Permis Vacances Travail (PVT). On peut en demander un jusqu’à 30 ans. Il faut faire un dossier pour être accepté, expliquant le souhait, le parcours, le « pourquoi » dans ce pays, …. Quand on a obtenu le dossier, on paye un visa pour vivre dans le pays choisi.  (Il y a une liste de pays collaborateurs avec la France)

Ainsi, après avoir été « apprentie »  pendant 7 ans, puis « salariée » pendant 1 an, Ophélie est devenue tout simplement ce que l’on appelle dans le jargon des voyageurs : une « Back Packer » (* que l’on peut traduire par : les porteurs de sacs à dos !) Courageux !

 

Pour vivre dans le pays, une formule à retenir est le woofing m’explique-t-elle ! « Génial pour s’intégrer dans les familles, pour faire des rencontres. On travaille dans une maison, en échange du lit et du repas on effectue des travaux qui peuvent être très divers. En revanche, il n’y a pas de rémunération ». Le Woofing : encore un nouveau mot à rajouter à mon dictionnaire ! « Bien-sûr, il faut alterner avec des boulots qui sont parfois purement  « alimentaires », pour continuer à voyager à travers le pays ». Ophélie a trouvé du travail dans la culture du kiwi. La cueillette dans un premier temps, puis dans une usine. Ce fut rude et les conditions de travail n’ont rien à voir avec ce que nous connaissons en France ! Les voyages forment la jeunesse dit-on, les rigueurs de l’ailleurs font partie de la découverte du pays et aussi, de la découverte de soi ! Ophélie ne manque pas d’humour et conclut : « mais, je suis devenue incollable sur le kiwi ! »

Parmi les souvenirs, un seul point noir, 3 jours d’hôpital et un arrêt de travail pendant 15 jours, suite à un accident de voiture. Des tonneaux et une chute de 20m ! Bilan : mâchoire déboitée, cicatrice dans la tête, oreilles recousues! Et de conclure, « j’ai même eu droit à un article de journal dans la petite ville où je résidais ! ». Quand je vous disais qu’elle ne manque pas d’humour ! Et de courage !

Les voyages et le regard vers l’autre, c’est grandir. On voit, on observe, on s’interroge quand on voyage. Pour Ophélie cela lui a permis de comprendre la chance qu’elle a eue de pouvoir faire des études, de faire ce qu’elle avait envie, de pouvoir choisir, ce que bon nombre de gens rencontrés durant ses périples n’ont pas. Le choix ! Quel luxe !

Et puis il faut revenir « au pays ». Et revenir c’est faire vivre cette maturité acquise.

 

 

Eloise

Ophélie s’est installée. Dans son petit atelier, elle crée des bijoux, qui racontent sa formation, qui racontent ses voyages, qui racontent sa curiosité et ses yeux ouverts sur le monde. De ses périples elle a rapporté des coquillages Paua* (* prononcez : « Pa Wa »), une petite merveille de la famille des ormeaux, dont la nacre est unique, symbole de la Nouvelle Zélande et de la culture Maori, qui les incrustent dans leurs sculptures en bois.

Autre destination, autre rencontre: la Martinique. Ophélie y a fait la connaissance d’un artiste qui récupère les graines d’Awalé, de Zanzibar, d’Açaï, de Caconniers, … dans les forêts de Martinique. Séchées, polies, nettoyées et assemblées, elles sont l’essence d’une bijouterie qui se réclame artisanale et autochtone. Elle en a ramené pour les associer avec de l’argent. « La nature fabrique des choses magnifiques et offre d‘immenses possibilités à la bijouterie et ça, c’est génial ! » et de rajouter : «  En utilisant les graines on continue le voyage ».

« La bijouterie, c’est parfois dur à moderniser, j’ai fait un sondage avant d’ouvrir ma boutique et je me suis rendue compte que pour le grand public il n’y a que les 4 précieuses et l’or. J’avais envie de créer avec d’autres matériaux, d’autres couleurs, de toucher un nouveau public. On peut faire aussi beau avec n’importe quoi ! Je trouve qu’il y a un gouffre entre la bijouterie dite classique et celle que l’on qualifie de fantaisie. Moi, je veux développer une bijouterie dans cet « entre 2 ». Je voudrais allier le métal précieux aux matériaux moins nobles et mettre à l’honneur des pierres fines, moins connues du public. Créer quelque chose de personnalisé, mêlant exotisme et rigueur du travail»

Il fallait aussi trouver un nom ! Ce sera Bag’Heera ! Souvenir  de son film préféré quand elle était jeune: Le Livre de la Jungle. Mélange de nature, d’un monde exotique et puis « bag » lui fait penser à la bijouterie ! Elle a aussi voulu un logo tropical avec des éléments qui lui parlent.

Bagheera la panthère noire accompagnait Mowgli pour le ramener au pays de hommes, la nouvelle Bag’Heera accompagne Ophélie au pays de la création et du rêve. Et même si la vie est parfois une jungle, l’exotisme continue de nous éblouir !

 

Rédaction : Sophie BIARDEAU

 

CONTACT :
Ophélie Rouault
06 87 56 69 32
https://bagheeraor.wixsite.com/bagheera-or
bagheera.or@gmail.com

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