A la croisée des parcours, épisode 1

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Gemmologie

A la croisée des parcours, épisode 1

A la croisée des parcours, épisode 1

23 nov. 2020

« On m’a transmis un métier, je le transmets à mon tour. Donner sa chance à un jeune est une démarche nécessaire et motivante » M. Jeremy Legrand, Paris

De l’apprentissage à la transmission, le chemin est parfois long. Mais il est également nécessaire. Aujourd’hui, Jérémy Legrand – ancien apprenti à l’IBS – nous raconte son parcours et sa mission de maitre d’apprentissage en sertissage au sein de son entreprise parisienne LG Set. Un regard particulier et une discussion croisée entre lui et ses deux apprentis : Richard Chambiron (BP gemmologue 2020-2022) et Charly Chlous (BMA sertissage 2020-2022)

 

 

1-      Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs et nous dire comment vous avez décidé de devenir sertisseur et quel est votre parcours professionnel jusqu’à aujourd’hui ?

 

Jérémy : Alors, j’ai commencé dans le métier juste après la 3e. Je ne me sentais pas forcément à ma place dans le général et j’avais fait un stage chez un bijoutier. Il m’a encouragé dans la voie de l’alternance et je suis ainsi devenu son apprenti où je suis resté une année. Comme je voulais faire du sertissage, j’ai finalement changé d’entreprise et je suis rentré chez M. Vincent à La Rochelle. Afin de parfaire ma technique, j’ai ajouté une année chez lui et j’ai fait en plus le CAP Polissage. J’ai décidé de monter à Paris et j’ai intégré un BMA, toujours en alternance. J’étais alors dans l’atelier Dix V et j’étais leur sertisseur maison. M’installer à mon compte à toujours fait parti de mes projets. Après une dizaine d’année de pratique, j’ai sauté le pas et je m’installe en chambre fin 2014. Je suis aujourd’hui au cœur du 9e arrondissement de Paris et je ne regrette pas de m’être lancé !

 

Charly : J’ai commencé par un CAP Art du Bijou et du Joyau à l’Ecole Boulle. Je sortais de 3e et je voulais faire un métier manuel. Ensuite j’ai continué dans cette voie et j’ai enchaîné sur une Mention Complémentaire, toujours à Boulle. J’ai pris la décision de me tourner vers le sertissage car je trouvais que la joaillerie n’évoluait plus. L’arrivée de l’impression 3D a changé le visage du métier et la reprise de fonte est devenue la norme. Du coup, j’ai décidé de partir vers un métier, toujours en lien avec la bijouterie, mais où j’étais sûr de pourvoir travailler de mes mains. J’ai découvert un métier particulier, très méticuleux, où la concentration est importante. Et puis, il y avait les pierres et je trouvais cela très sympa de travailler avec des matières différentes.

 

Richard : J’ai commencé par faire de la bijouterie et c’est grâce à un stage que j’ai découvert le métier de sertisseur. J’ai compris que c’est ce métier que je voulais faire. Du coup, mon maitre de stage est devenu mon maitre d’apprentissage et j’ai pu me former au serti chez Jérémy. Aujourd’hui, je suis en BP Gemmologue pour aller plus loin dans la connaissance des pierres que je vais devoir sertir.

 

2-      Pourquoi avoir choisi la voie de l’apprentissage et qu’est-ce que cela vous apporte ou vous a apporté ?

 

Jérémy : Je vais essayer de me remettre dans la tête du jeune homme de 15 ans que j’étais alors ! L’école n’était pas ma tasse de thé, je ne m’y sentais pas à ma place et j’avais envie de travailler de mes mains. Aujourd’hui les choses changent un peu mais à mon époque, quand on n’était pas un très bon élève, l’apprentissage était la voie toute tracée. Un stage professionnel puis une proposition de rentrer en alternance pour faire de la joaillerie, le secteur dans lequel je voulais évoluer, à décidé du reste de ma carrière. L’entrée en apprentissage s’est faite très naturellement. Se retrouver en entreprise, apprendre un métier, se confronter à la réalité du terrain. Tout cela m’a beaucoup plu et je ne me suis senti très vite au bon endroit. Être apprenti, c’est grandir plus vite et avoir assez rapidement des responsabilités. C’est la meilleure école de la vie !

 

Charly : Je dois avouer que j’étais un peu réticent avec l’apprentissage et que c’est Jérémy qui m’a convaincu. Mais maintenant que je compare aux simples stages de ma première formation, c’est totalement différent et bien plus enrichissant. Le fait d’être dans le milieu professionnel permet d’apprendre bien plus et bien mieux. C’est la meilleure manière pour savoir comment gérer les difficultés qu’on peut rencontrer dans sa vie professionnelle afin d’évoluer de manière pertinente.

 

Richard : Comme j’avais envie de faire du serti, et que j’étais à l’Ecole Boulle, je ne pouvais faire cela qu’en classe. Et Jérémy m’a encouragé à aller dans cette voie de l’alternance car il trouvait que c’était mieux pour apprendre les bons gestes. J’aime beaucoup le rythme d’aller à l’école une fois par mois environ et de passer ensuite beaucoup de temps dans l’entreprise. On échange plus, et comme nous sommes d’office dans le monde professionnel, nous avons à gérer des situations avec des clients qui attendent des résultats. C’est d’autant plus motivant de se dire que son travail sert vraiment à quelque chose.

 

3-      Comment avez-vous connu l’établissement de Saumur et pourquoi avoir décidé de venir vous former ici (ou de faire former vos apprentis ici) ?

 

Jérémy : Je suis né à Saumur et j’ai de la famille dans le secteur, mais c’est par mes maîtres d’apprentissage que j’ai connu l’école. Je me souviens que j’étais venu aux Portes Ouvertes et que j’avais rencontré Mme Diouf. J’avais gardé tellement de bons souvenirs que cela me paraissait normal d’y envoyer mes apprentis. Je savais qu’ils seraient écoutés, soutenus et très bien accompagnés. Et puis, c’est une manière aussi de rendre l’appareil. On m’a transmis un métier, je le transmets à mon tour. Donner sa chance à un jeune est une démarche nécessaire et motivante.

 

Charly : Toujours par Jérémy qui avait fait ses études ici et en parlait comme de la meilleure des manières. Mais de prime abord, je trouvais l’école loin de Paris et je dois reconnaitre que cela me faisait sortir de ma zone de confort. Et en fait, Jérémy nous y a encouragé largement et il avait vraiment raison. Finalement en y réfléchissant, n’ayant pas de Baccalauréat, le BMA sertissage était une bonne option pour préparer correctement mon métier et aussi pour avoir un niveau bac.

 

Richard : Je vous ferai la même réponse que Charly car c’est Jérémy qui nous a vraiment conseillé l’école et je suis très content d’avoir fait ce choix. Parallèlement, le BP Gemmologue ne se fait qu’ici et je trouvais que c’était une vraie chance de pouvoir ajouter cette compétence en continuant d’apprendre mon métier de sertisseur.

 

4-      Quels sont vos plus beaux souvenirs d’apprentissage ?

 

Jérémy : J’ai passé les meilleures années de ma vie à l’IBS. C’était une époque assez dingue. L’ambiance y était formidable, on faisait beaucoup la fête aussi. Mais cela a forgé de belles amitiés et je suis toujours en contact avec des anciens. Je garde un souvenir formidable de mes enseignants : M. Lamiraud, Mme Biardeau, M. Bance, M. Griffon et M. Bonneau… Et puis, le directeur de la bijouterie, M. Michel Marquis, était un personnage. Il avait toujours un mot pour les apprentis, il nous encourageait. Je me souviens de la cohésion dans les groupes, de la motivation de chacun. J’ai vraiment adoré cette époque !

 

Charly : J’ai fait de belles rencontres, c’est l’un des gros points positifs de l’apprentissage. J’ai eu le plaisir de travailler chez Paulette à Bicyclette et de découvrir le travail d’une marque tournée sur l’univers du mariage. C’était très sympathique de rencontrer les jeunes couples qui venaient visiter les ateliers. Et puis, c’est par ce biais des rencontres, des amis d’amis, que j’ai rencontré mon patron et mon maître d’apprentissage actuel. Je garde aussi un beau souvenir d’un stage chez Jérôme de Stefano. Cette année, il y aura certainement le MAF sertissage, j’espère m’y inscrire !

 

Richard : Clairement je dirais le MAF sertissage pour lequel j’ai obtenu une médaille d’or en régional et pour lequel j’attends les résultats pour le national. Et puis, la rencontre avec mon entreprise actuelle dans laquelle je peux me former et progresser.

 

5-      De votre point de vue personnel – apprenti ou maitre d’apprentissage – quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui veulent aujourd’hui se former aux métiers de la joaillerie ?

 

Jérémy : Il faut commencer le plus tôt possible. Plus vous apprenez quand vous être jeunes, plus en emmagasiner de connaissances et de techniques. Il faut une bonne dizaine d’année pour commencer à se sentir à l’aise dans son travail donc il ne faut pas perdre de temps. Il vous faudra de la persévérance, de la patience, de la minutie. Il y aura des moments de découragement mais il ne faudra pas lâcher le morceau. Si vous avez la passion et la motivation, vous pouvez y arriver !

 

Charly : Déjà il faut leur dire que c’est un très beau métier et que cela vaut vraiment la peine de se lancer dans ce secteur. Mais il faut aussi leur dire qu’il y aura du travail, qu’il faut une grande dose de motivation car il y a beaucoup de choses à connaitre en gemmologie ou en histoire de l’art et du bijou par exemple. C’est un métier manuel très enrichissant.

 

Richard : Il faut une bonne dose de motivation, c’est un préalable. Mais surtout je leur dirai de choisir l’alternance car c’est la meilleure option pour apprendre un métier. Les stages sont toujours positifs mais on reste un peu sur sa fin car c’est toujours trop court. Et puis, il faut lire, aller voir des expositions, pour nourrir sa culture générale autour du bijou. Car ce métier est aussi passionnant que dense.

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