La 3D fait peau neuve à l'Institut de Bijouterie de Saumur

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Gemmologie

La 3D fait peau neuve à l'Institut de Bijouterie de Saumur

La 3D fait peau neuve à l'Institut de Bijouterie de Saumur

16 sept. 2020

Par Marie Chabrol

Originaire d’Angers, Adrien Boccacino, 34 ans, rejoint en cette rentrée 2020 l’Institut de Bijouterie de Saumur comme enseignant formateur en CAO (Conception Assistée par Ordinateur) et dessin technique. Deux matières essentielles aux futurs bijoutiers qui suivent leur formation au sein de l’établissement historique de Saumur et qui intègrent une profession où la CAO revêt désormais une importance cruciale dans la création et le développement des bijoux.

 

1-      Bonjour Adrien ! Peux-tu te présenter aux lecteurs de Pépites ?

Bonjour à tous et à toutes, je m’appelle donc Adrien Boccacino et je suis originaire d’Angers où j’ai fait mes études à l’Ecole Supérieure des Pays de la Loire (ESPL) dont je suis sorti avec un Bachelor en Design Produit. J’ai eu la chance d’avoir de très bons enseignants qui m’ont encouragé dans cette voie dans laquelle j’ai pu me réaliser professionnellement. C’est également eux qui m’ont poussé au cours des années à devenir l’enseignant formateur que j’ai le plaisir de devenir aujourd’hui.

 

2-      Quel est ton parcours professionnel dans la bijouterie ?

Après mes études à Angers, j’ai très rapidement trouvé un emploi en région parisienne et j’ai commencé à travailler dans une petite structure dont le cœur de métier était la réalisation de prototypes de bijoux. Elle travaillait aussi sur la réalisation de petites séries pour des marques de joaillerie. Mon travail consistait principalement à faire la modélisation 3D mais j’intervenais aussi sur la programmation des fraiseuses à commandes numériques car l’une des spécialités de cette entreprise était la gravure et l’usinage de pièces de bijouterie. Quand je reviens dans la région angevine, j’évolue alors vers du suivi de collection et ma spécialité est de mettre en œuvre l’industrialisation de certaines gammes de pièces pour que les marques puissent faire de la diffusion à grande échelle. Ça a été passionnant, parce qu’après avoir été en relation avec le design, je devais discuter avec les bijoutiers pour comprendre les problématiques de fabrication qu’ils rencontraient à l’établi.

 

3-      Qu’est qui te plaisait plus particulièrement dans ton métier ?

Indéniablement ce sont les rencontres ! L’une des facettes de mon métier était d’échanger en direct avec les assistants des designers ou même les créateurs en personne. Ils venaient avec leurs dessins, le plus souvent fait à la main. Je devais alors retranscrire le dessin et les volumes pour arriver à une modélisation 3D et une impression de la pièce qu’ils avaient imaginé dans leurs studios respectifs. Je devais également me déplacer, j’allais à la rencontre des grands ateliers, des autres développeurs pour imaginer des projets communs.

 

4-      Je crois que tu as également travaillé dans d’autres secteurs que la bijouterie ?

Effectivement, j’ai eu la chance de travailler sur la réalisation de décors mais aussi d’enseignes pour les grandes marques de luxe telles que Vuitton, Dior ou Ladurée. J’ai aussi participé à la conception de décors pour le cinéma et la publicité. Après ma première expérience dans la modélisation 3D en bijouterie, j’ai intégré une entreprise qui faisait de la maquette d’architecture pour des gros projets internationaux, plus exactement de la maquette pour les concours d’architecture : par exemple le Guggenheim d’Helsinki ou le Collège de France. J’ai même eu le plaisir de travailler sur le projet de la Samaritaine.

 

5-      Comment est-ce que tu passes de la bijouterie à l’architecture ?

Le fil conducteur de tout ça, c’est le dessin. Plus, bien sûr, le logiciel que j’utilisais à l’époque et qui était Rhino. Mon expérience dans la conception et le fait de savoir retranscrire les volumes ont été déterminants. Finalement, ces deux expériences n’ont pas été très différentes, j’utilisais les mêmes outils, y compris le laser et la fraiseuse, il me fallait juste changer d’échelle. C’était super parce que je travaillais en lien avec les monteurs qui assemblaient les maquettes ; eux étaient chargés d’exécuter un puzzle très complexe, de le mettre en couleurs. C’était fascinant de pouvoir les observer et être en lien direct avec eux.

 

6-      Comment tu envisages ton nouveau rôle de formateur au sein de l’Institut de Bijouterie de Saumur ?

Je réfléchissais depuis un moment à basculer du coté de la formation. Cela remonte finalement à mes études, mes enseignants étaient pour la grande majorité des professionnels qui avaient une parfaite connaissance du monde de l’entreprise et ils savaient ce dont on a besoin dans ses études pour que ça fonctionne quand on entre dans le monde pro. Cela me tentait de pouvoir un jour apporter toute mon expérience acquise ces dix dernières années aux apprenants. C’est le hasard qui m’a fait rencontrer Anne-Laure El Khaoua et l’équipe de l’IBS. Il y avait un poste qui se libérait avec le départ à la retraite de M. Christophe Lamiraud qui intervenait également en dessin technique. C’était l’occasion de changer de carrière et de vie professionnelle. Et les débuts sont particulièrement enthousiasmants.

 

7-      Pour conclure cette interview, tu dirais que c’est quoi être un bon formateur ?

C’est une question difficile je trouve. Mais dans mon idée, c’est d’être à l’écoute des apprenants. Nous nous mettons à leur service finalement pour leur faire passer un maximum de choses et les accompagner à trouver la voie qui leur convient et dans laquelle ils vont s’épanouir professionnellement. Le challenge est grand mais il est terriblement motivant !

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